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Pourquoi j'ai écrit Ténèbres de cités »



Ténèbres de cités - Chronique d'une narco-République est le premier volet d'une trilogie qui interroge la manière dont la drogue redessine la France, à partir d'un point de départ simple : la mort de Rachid, jeune Marseillais abattu dans une fusillade vite classée en « règlement de comptes ».

Ce tome 1 regarde la narco-République « par en bas » : points de deal, choufs, DZ, garages, ports, familles, éducateurs, petits commerçants, policiers de terrain. Il suit une journaliste, Aïcha, et un flic, Malik, qui n'ont pas les mêmes intérêts ni le même langage, mais qui voient, chacun à sa façon, comment la Firme et son Architecte imposent leur loi aux cités et à la ville.

La fiction s'appuie sur des mécanismes réels — structuration des réseaux, économie des cités, blanchiment, opérations « place nette », porosité entre argent légal et illégal — sans raconter aucune affaire exacte ni aucun personnage réel. Elle ne cherche pas à ajouter du spectaculaire à ce qui l'est déjà, mais à donner un visage aux chiffres, aux reportages et aux bandeaux d'info en continu.

Je n'ai pas écrit ce livre derrière un bureau parisien, mais en regardant, depuis la province, comment la France parle d'elle-même quand elle prononce les mots drogue, sécurité, quartiers, République.

Je ne crois pas que « tout soit pourri ». Je crois en revanche qu'un pays peut, par couches de renoncements, de calculs et de bonnes intentions, finir par accepter que l'argent de la drogue pèse sur ses contrats, ses nominations, ses peurs.

J'ai choisi la fiction pour protéger les personnes réelles et pour garder la liberté de faire se rencontrer, dans un même livre, un gamin de cage d'escalier, une magistrate, un haut fonctionnaire fatigué, un élu trop sûr de lui et une journaliste qui se demande quel prix elle est prête à payer.

Ténèbres de cités peut se lire comme un polar noir marseillais, mais aussi comme le récit d'un basculement : le moment où un pays commence à comprendre que le narcotrafic ne se contente plus de nourrir des faits divers — il façonne les trajectoires, l'urbanisme, les loyautés et, déjà, certains votes.

C'est le premier chapitre d'une trilogie. Le deuxième, Narco-démocratie, remontera vers les institutions. Le troisième regardera ce que font de ce décor celles et ceux qui auront vingt ans en 2030.

 
 
 

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